La police bernoise perturbe la collecte des signatures contre la loi fédérale des Mesures Policières pour la lutte contre le Terrorisme (MPT)

janvier 10, 2021 Non Par Freevs

Veröffentlicht am 27 décembre 2020.

Bien que la collecte pour les référendums et initiatives au niveau fédéral soit autorisée dans tous les cantons, la police cantonale bernoise a pris des mesures contre les collecteurs de signatures à plusieurs endroits. Dans un cas, les collecteurs ont dû faire face à des policiers très agressifs qui ont tenté de leur interdire de collecter en les menaçant d’amendes d’ordre. Pendant plus d’une heure, les collecteurs ont été empêchés par des policiers en tenue anti-émeute intégrale d’exercer leur droit de recueillir des signatures pour le référendum contre une loi instituant des mesures arbitraires. Selon certains rapports, des scènes d’intimidation ont été mises en place selon toutes les règles de l’art : on a ainsi pu constater l’apparition rapide de véhicules de police, celle, martiale, de policiers en tenue de combat complète ainsi que des scènes d’affrontement agressif. Ce n’est que grâce à l’attitude non conflictuelle et calme des collecteurs qui s’appuyaient sur leurs droits démocratiques, que les policiers ont accepté, au bout d’une heure, de vérifier si leurs actions étaient en fait légales.

Apparemment, le service juridique avait dû expliquer à ces policiers combatifs, mais ignorant sur le plan constitutionnel, les droits démocratiques directs de la population suisse.

Les collecteurs ont confirmé que les agents de police s’étaient excusés après cette clarification et qu’ils s’étaient retirés.

Avant de pouvoir reprendre la collecte légale de signatures contre la dangereuse loi fédérale sur les mesures policières de lutte contre le terrorisme (MPT), en soutien à l’État de droit suisse, les collecteurs intimidés ont dû se calmer avec une soupe chaude. Deux précieuses heures de collecte à l’heure du déjeuner ont de ce fait été perdues et la police a ainsi « réussi » à perturber un référendum contre les mesures arbitraires policières.

Des rapports similaires nous parviennent de Thoune. Nous ne savons pas si la direction de la sécurité du canton de Berne a déjà mis en place des cours de rattrapage sur les droits fondamentaux et la démocratie directe auprès de la police cantonale de Berne. Ce qui est certain, c’est que les Ami.e.s de la Constitution soutiennent les collecteurs et intentent des actions en justice contre la police. Car le code pénal suisse punit les faits décrits dans les articles 279 et 280. Les procédures pénales y relatives sont en préparation. Bien entendu, la présomption d’innocence s’applique aux policiers avant toute condamnation judiciaire.

Les Ami.e.s de la Constitution ont déjà déposé une plainte auprès de la police. La police a déclaré qu’elle répondrait dans un délai de 20 jours sur ce qu’elle comptait entreprendre pour éviter de nouvelles perturbations contre le référendum. La police n’a pas répondu à la demande d’une réponse plus rapide, car le délai pour le référendum sera presque échu dans vingt jours.

Ces incidents soulignent combien il est important que le référendum contre la loi dangereuse et disproportionnée sur les MPT aboutisse. Cette loi permet aux autorités policières de priver de liberté préventivement même les enfants ; elle met potentiellement tout le monde en état de suspicion et permet une surveillance étendue, sans contrôle judiciaire préalable.

En se comportant arbitrairement contre les défenseurs de la démocratie directe qui luttent précisément contre cette loi arbitraire, la police fait la démonstration qu’elle n’est pas en mesure d’utiliser des pouvoirs aussi étendus.